Mon Costa Rica à moi ... Vivre au Costa Rica ... BLOG Costa Rica ...

Grenouille transat BLOGPersonnellement cela ne m’intéresse pas du tout de vous parler du Costa Rica.
Comme s'il n'y avait qu'un seul Costa Rica ...

Surtout, d'autres que moi font cela bien mieux.
Voyez par exemple Wikipedia, le bon vieux Routard, le Petit Futé et autres Lonely Planet.

Ce dont j’ai envie, c'est plutôt de vous parler de MON COSTA RICA à MOI.
Celui que moi-même et ma famille vivons au jour le jour, a lo largo de la manera (chemin faisant), con el tiempo (au fil du temps).
Pays parfois merveilleux, souvent quand on y pense, d'autres fois horripilant, un peu comme la vie en général. En un peu mieux ...
Je vais essayer de vous le présenter, sans prétention, façon BLOG.

Pas de stress, on écrira au fils du temps, quand nous aurons le temps ... Pura Vida ...

@ bientôt,


L'Actualité du jour

Parfois ne pas
obtenir ce qu'on désire
est un merv.
coup de chance

N° 65 - 24/03/2015 - Mais pourquoi donc parles-tu de toi, de ta misérable vie, dans ton BLOG ?

Blog Costa Rica - 1« Pour l'essentiel, l'homme est ce qu'il cache : un misérable petit tas de secrets … » disait un personnage de Malraux à propos de l’Homme. Ouais, on peut voir cela comme ça, surtout quand il s’agit des autres. Quand il s’agit de sa propre vie en revanche, le plus souvent on ne la voit pas comme « misérable », même si misérable, on l’est forcément toujours un peu quelque part.
On peut alors se demander ce qui pousse quelqu’un à étaler sa vie personnelle et forcément misérable quasiment par définition sur un BLOG, sur la Toile accessible à tous. Jusqu’à récemment encore, je me le demandais également. Jusqu’à ce que, peu à peu, je m’y mette moi aussi. J’y vois déjà quelques avantages :

- Personnellement cela permet d’informer les personnes de l’entourage, du moins celles qui s’intéressent à vous, des divers évènements qui surviennent dans votre vie, les heureux comme les moins bons. En fait, c’est plus délicat qu’il n’y paraît de prime abord. Vous informez seulement, vous ne forcez personne à réagir. Imaginez par exemple que votre femme ou votre mari vous laisse inopinément tomber comme la vieille chaussette que vous vous êtes patiemment efforcé de devenir au fil du temps. En informant vos proches avec un mèl du type :

- Thérèse m’a quitté … Bouh que je suis malheureux sans ma Thérèse … que vais-je devenir sans elle … en plus elle est partie avec le chien et elle m’a laissé les gossesBouh …

 et tutti quanti … quelque part vous les forcez à réagir, à compatir à votre libération malheur. Même s’ils pensent très fort …

- Ben c’est pas trop tôt, on a jamais pu la piffer la Therèse (ou le Raymond), il était plus que temps qu’elle se casse la grognasse, on aura plus jamais à se farcir sa tronche de cake aux repas de famille … pourvu qu’elle ne revienne pas … quelle bonne nouvelle, la meilleure de l’année !

… ils ne pourront d’évidence que se fader d’un mèl de consolation, hypocrite au possible - politiquement correct cependant, c'est l'époque qui veut ça - et vous le lirez de la même façon, hypocritement. Au final ce n’est sans doute bon pour personne, toute cette hypocrisie larvée, même si c'est très tendance.

Tandis que pour vos proches lire la nouvelle, bonne ou mauvaise, sur votre blog c’est plus souple quelque part. Ils peuvent réagir ou bien ne pas réagir, prendre leur temps pour digérer la chose. S’ils ne réagissent pas tout de suite, ils ne sentiront pas coupables, c’est qu’ils n’ont pas encore lu, n’est ce pas ? Ou bien alors qu’ils auront mal lu ou alors mal compris, assurément … il faudra relire encore et encore pour bien comprendre. Plus de nuances dans la réaction donc, du blanc au noir avec toutes les nuances de gris qu’on voudra bien y mettre.
Blog Costa Rica - 2L’erreur du blogueur finalement serait de dire à tout le monde, du style j’envoie un mèl à tout mon carnet d’adresse :

- Hey vous tous, m’a femme (ou mon mari) s’est barrée, z’avez pas lu mon blog ???

Pas bon ça, pas bon du tout !

- Professionnellement vous vous attirez des sympathies fortes tout comme des antipathies tout aussi fortes.

Certaines sympathies sont profondes car des lecteurs et futurs clients se reconnaissent dans ce que vous écrivez. En plus cela paraît vrai et c’est bien normal car, en ce qui me concerne en tous les cas, c’est 100 % véridique. Vous apparaissez donc à leurs yeux comme un humain avec toutes ses qualités et ses défauts, quelqu’un comme eux donc et non comme un robot dressé à vendre des trucs et des machins. Cela crée des liens et tout à coup vous voyez débarquer un « client » qui vous suit sur le Net depuis des années. Il connaît tout de vous, ou presque. Il en sait même souvent plus que vous sur certains aspects de vous-même. Je ne compte plus les fois où un client de passage a rafraîchit ma mémoire à propos de ce que j’avais pu écrire ou vivre par le passé. Drôle de sensation !

Les antipathies sont également très utiles car, le plus souvent mais pas toujours cependant, elles garderont éloignés de vous les funestes, les inopportuns, les pisse-chagrin, les fâcheux, ceux qui n’ont pas d’humour, ceux qui croient en avoir et en sont d'évidence dépourvus (les pires !) et même, si on a de la chance, les Témoins de Jéhovah. Il ne faut donc surtout pas craindre de déplaire, bien au contraire ! N’en faites pas un vice non plus.

Et puis, après tout, pourquoi un agent immobilier (de profession) ne devrait-il parler que d’immobilier ??? Imaginez un pharmacien qui ne parle que de médicaments, un dentiste qui ne parle que de dents, pire un proctologue qui ne parle que de … sa pratique professionnelle. Ce serait d’un chiant, on s’ennuierait très rapidement.

En illustration, en attendant le « vrai blog», quelques récentes réactions de lecteurs & lectrices :

Blog Costa Rica - 3

- Je n'ai pu lire ton blog que ce matin... et il m'a fort ému ... d'autant que ça me fait revivre ces souffrances ... ... !! Il m'a fort touché, pour plusieurs raisons : ton blog est non seulement vraiment super bien fait, mais en plus, tu racontes ton aventure costaricienne comme j’aime, simple, bien observé, dans le détail, tu écris vraiment bien… passionnant... très touchant… ton blog me semble une super bonne idée … réalisée avec talent … ça m’a scié… admiratif… j’aimerais pouvoir en faire autant… et en avoir la discipline… Vraiment, BRAVO ! (BdW).

Un grand merci pour vote site web, je vous ai lu avec passion et complicité. J'aime votre franchise, votre humour, votre analyse critique, vos références littéraires et votre esprit libre. Je pense à vous tous les jours. Je me suis connectée au feeling quelques heures après votre "post" et je venais de commander une carte routière pour le Costa Rica à une librairie du voyage à Renne pour laquelle je viens d'écrire "Je vous ai choisi parce que j'aime les bretons. Ceux sont les seuls qui ont encore de la culture, un pays, une langue, du caractère et qui tiennent le cap." C'est con mais je l'ai fait pour vous.
J'ai oublié de dire "ceux qui ont encore des sentiments ", ce qui me séduit chez vous. Aujourd'hui on vous demande d'avoir de la pudeur et des faux semblants.
Je suis effondrée par ce qu'il vous arrive. Je me suis dit "on ne voit pas", on ne peut pas voir tellement on est engagé.
Il n'y a pas de mot pour vous soulager. Il n'y a pas de possibilité de récupérer la dérive avec les humains même si on est le meilleur nageur. "Estamos bien en la lucha ". Je vous aime beaucoup, on ne se connaît pas, mais il y a une personne dans ce tunnel noir qui pense à vous et qui vous comprend. Je ne sais pas comment vous soutenir à part dans votre loyauté, votre respect du silence, des animaux et de la nature en ce moment. Ceux sont les roussettes, dans la nuit noire avec leur vol lourd, autour de la maison, qui m'ont sauvée. C'est exactement ce que vous décrivez, le silence de la vie.
Je ne sais pas quoi vous dire, vous écouter est la seule chose la plus humaine.Tendrement.
 (BH).

- On est fan de votre humour caustique et de votre ton parfois à la limite du blasé en ce qui concerne les « nouveaux arrivants ». (A&T).

- J'ai parcouru rapidement votre blog au boulot (mon épouse s'était empressée de me faire suivre votre réponse sur mon mail pro) et franchement au fur et à mesure des phrases on a l'impression de vivre l'aventure avec vous. Bravo et merci de faire partager vos aventures costaricaines… (ND).

Bon, merci à vous tous, ça fait sacrément plaisir - à l’égo ou à l’âme ? - alors, envers et contre tout, nous continuons …


N° 62 - 12/03/2015 - Allons donc pêcher le gros BAZAR au Nicaragua.

Bon, voilà, parfois la vie se met en marche, ça ne prévient pas et il faut sauter dans le train (voir mon commentaire du Post N° 38 de Actualités) parce qu’il va toujours dans le même sens. C’est rare qu’il s’arrête en pleine voie et fasse marche arrière pour ramasser un laissé en rade sur le quai. Toi comme moi !

Ceci étant dit, ce week-end, comme on ne savait pas trop quoi faire avec mes potes, aussi sec nous avons pris le bateau pour le Nicaragua histoire d’aller taquiner le « pescado » sur le Rio San Juan. Ne me demandez pas le nom du bazar, je suis aussi nul en poissonnerie qu’en botannerie. Le BAR ça encore je connais parce qu’on a ça chez nous en Bretagne, du bar. Des bars aussi, même que forcément, un jour ou l’autre, ça laisse des traces.
Jusqu’au dernier moment, nous avons douté chopper au vol un bateau pour traverser la frontière maritime mais nous avons finalement débarqué au Nicaragua en fin d’après-midi. Fort bien accueillis d’ailleurs par l’aubergiste, nous avons soupé comme des rois, seuls au monde, sur le deck du lodge.

Le lendemain matin, debout à 5 heures, douche froide pour se remettre de la veille (pour gagner 10 minutes, cherche donc pas l’eau chaude car y_en_a_pas), le temps de discuter avec les autorités et nous obtenions les permis de pêche réglementaires, au Nicaragua on ne rigole pas avec ça. Au Nicaragua on rigole vraiment de tout ... sauf de l’autorité. Avec l’autorité on s’arrange et après seulement on rigole.

Très vite, tandis que le bateau filait sur le Rio San Juan, j’ai réalisé que même en pays tropical il est conseillé de se munir d’une petite laine pour fendre la bise de l’aube. Je me suis protégé du froid mordant comme j’ai pu avec des gilets de sauvetage usagés qui manifestement auraient eu peine à sauver de la noyade un végétarien en phase aigüe de jeûne. Après une demi-heure à fond les ballons, nous sommes arrivés sur la zone de pêche.

Comme le « pescado » ne se décidait toujours pas à mordre après 1H30 d’allées et venues, Thierry a unilatéralement décidé qu’on allait ouvrir des bières pour le faire venir. 08H00 du mat c’est généralement un peu tôt pour l’apéro mais il faut parfois savoir faire contre mauvaise fortune bon cœur, ainsi l’on pense en Finistère. D’après lui, c’est un truc qui marche à tous les coups. Sans déconner, la première bière n’avait pas encore fini de faire « PSCHITT » tandis qu'on l'ouvrait que le premier bazar mordait à l’hameçon. Ce premier bazar donc fut pour Éric qui se trouvait au plus près de la bonne canne, le second pour Thierry et j’eu, quant à moi, l’honneur du troisième, le plus gros il va sans dire. La photo est là pour le prouver même si on ne voit qu’un bout du bazar que je sortais magistralement de l’eau quelques minutes après. C’est comme un iceberg en fait, le plus gros est sous la mer. Enfin, sous l’eau, la mer est quand même un peu plus loin, à près de 200 km. Et puis dans le coin y_a_pas trop d'icebergs. M'enfin, c'est juste une image, pour que vous réalisiez mieux la taille du bazar.

Chacun ayant eu son compte de « pescado », trop forts, nous décidâmes d’un commun accord de ne pas davantage vider le Rio, d’en laisser aimablement pour les autres et nous nous concentrâmes plutôt à vider les glacières qui n’attendaient que ça. Jusqu’ici, je croyais un peu naïvement certes, que les kilos de glace que chargent les bateaux de pêche avant de quitter le port étaient destinés à conserver le poisson. Quelle funeste erreur de ma part ! Une croyance de plus qui vient de disparaître car dans la réalité vraie du terrain vécu, c’est juste pour la SOIF. Car objectivement, rien ne dit à l’avance que nous attraperons du poisson. Par contre, sauf miracle, nous sommes à peu près sûrs d’avoir grand soif à un moment ou bien l’autre. Après force bières, vin (rouge ou blanc, j’ai oublié) et un truc local vraiment costaud à base de coco et de rhum, vers midi, après avoir maintes fois failli tomber du bateau à cause de besoins pressants à satisfaire, nous rentrâmes au lodge très satisfaits de nous-mêmes, de la pêche et d'avoir réussi à vider les glacières.

Une fois au lodge, une acorte nica nous servit très rapidement les gros bazars pêchés magiquement transformés en carpaccio et en filets grillés. Pur délice !!!
En fin d’après-midi, soit 24 heures après avoir débarqué, nous embarquions pour le Costa Rica.

Retour casa, Pura Vida !

PS : si un lecteur touché par la grâce de nos petites aventures en Amérique Centrale souhaite acheter en pleine propriété un centre de pêche extraordinaire et unique au Nicaragua, qu’il me contacte.
 

Stéphane - Pêche au Rio San Juan du Nicaragua - Mars 2015 - Vue 1

Stéphane - Pêche au Rio San Juan du Nicaragua - Mars 2015 - Vue 2


N° 61 - 23/02/2015 - Estamos en la Lucha.

La finca est désormais silencieuse. Plus de cris d’enfants, de rires, de disputes, des pleurs aussi parfois et des cavalcades effrénées vers la maison. Pour manger, se soigner, changer des vêtements mouillés ou même souvent déchirés.
Bien sûr aujourd'hui il y a encore les chiens qui sans cesse se rappellent à mon souvenir, les quelques coq chantants et les dizaines de poules qui constamment envahissent le patio et qu’il faut chasser, les toucans qui viennent se partager tour à tour le régime de bananes qu’on accroche à leur libre disposition, le cri des perroquets verts, le hurlement des singes, le manège incessant des oropendolas, le hibou tout proche dans le bosquet tropical qui me parle toute la nuit alors qu’avant je ne l’entendais pas. Et même les colibris qui, l’air de rien, font leur part. Les serpents aussi qui passent sous la maison, je les entends maintenant.

Et là-bas sous le rancho, la radio tourne quasi 24/24 pour faire un peu de bruit, un peu de vie. Radio Romantica, je crois, des chansons - pura latinas - d’amour au kilomètre qui me viennent tout droit du Nicaragua, là, tout près, à porté de vue, à portée de voix presque, à portée de vie en tous les cas. Du matin à la nuit et souvent de la nuit au matin je m’en emplis le cœur et même cela ce n’est pas encore suffisant, il reste de la place, tant de place, en fait tout dedans c’est le grand vide intersidéral. Le vide n’est pas vide paraît-il - habituellement je le crois volontiers - mais là, aujourd'hui, je peux assurer sans me tromper que ce vide-là est bien vide. Et froid aussi.

La finca, pourtant, est pleine de vie, la plupart insoupçonnée, ça explose de partout, tout  le temps et moi aussi je suis en vie. Enfin je crois …
Car pour moi, sans vous, les enfants, la finca est silencieuse, trop silencieuse et mon cœur saigne abondament de tout ce silence.

Anna et Ivan - Russie - Février 2015

Anna - Dessin chien - Russie - Février 2015


N° 60 - 01/02/2015 - Comment j’ai quasi marché sur un crocodile à l’insu de mon plein gré.

Cette partie du site, assez personnelle parfois mais en rapport avec le Costa Rica ou les pays environnants (sauf bien sûr quand je m’égare en route) doit prochainement être avantageusement remplacée par un vrai blog interactif qui me permettra de recueillir plus aisément vos commentaires bienveillants et intelligents. Enfin j’espère … Mais il semble que mon nouvel informaticien (un tout djeun) est entré en sommeil prolongé, en éténation (le pendant tropical de l’hibernation) et il va donc falloir que je songe à le sortir de sa torpeur estivale ou festivale, je ne sais trop. Déjà que voici 3 ans j’en ai déjà perdu un d’informaticien - en fait il s’est perdu tout seul et aux dernières nouvelles ne s’est pas encore intégralement retrouvé - je ne voudrais pas en perdre un de plus, à la fin ça fait mauvais genre. Ou bien alors il s’est dégoté une chica par là, c’est le danger avec les djeuns ! Avec les moins djeuns aussi remarquez. Je connais même des vieux … mais j’arrête là, je vais encore m’attirer des ennuis.

Aujourd'hui, promenade matinale dans les beaux jardins d’un hôtel situé en plein centre de Liberia, capitale de la Province du Guanacaste. A 5H00 j’étais déjà dans la piscine, pas vraiment mon habitude mais à 3H30 je fus malencontreusement réveillé par des « boum boum » de type basses fréquences qui traversent jusqu’aux murs de bunker. La réceptionniste m’apprendra plus tard qu’il s’agit de la discothèque située de l’autre côté de la rue. Au moins à 150 mètres de ma chambre donc ! Tous comptes faits, la prochaine fois que le travail m’amènera à Liberia, j’irai plutôt passer directement la nuit dans la discothèque et avec l’argent de l’hôtel ainsi économisé, je pourrai boire force mojitos ou téquilas, c’est plus malin. Car si mon alcoolisation est optimum, à 1 heure du mat environ je serai fin saoul et je pourrai dormir au moins jusqu’à 7 heures sur une banquette. Car ça tourne 24/24 ce bazar musical apparemment.

Mais je m’égare là, revenons plutôt à nos moutons, enfin pas tout à fait, lisez plutôt.

Prise de tête au Costa RicaAprès la piscine, comme il fallait bien tuer le temps avant le petit déjeuner règlementaire, je me suis mis à arpenter les abords de l’hôtel, le parc de l’hôtel en fait, plusieurs hectares, en plein centre ville, réellement ! J’étais encore mentalement plongé dans ma longue et pénible négociation de la veille, un vendeur pour une fois. Habituellement ce sont les acheteurs qu’il faut convaincre d’acheter et non les vendeurs qu’il faut convaincre de vendre. Mais avec les propriétaires ticos c’est comme ça, tout est compliqué … et long … et lent, tellement lent … et il faut véritablement des années d’expérience et une patience à toute épreuve (que je n’ai pas toujours, vous voilà prévenus) pour réussir à s’en tirer sans trop perdre la tête. Celui-là, depuis le début de la semaine, m’avait épuisé à tel point qu’on peut faire l’analogie avec la vieille plaisanterie de carabin : « opération réussie, patient décédé » car hier c’était « négociation réussie, agent immobilier quasi décédé ». Pour imager la négociation, c’est un peu comme quand tu discutes avec une femme, la tienne souvent parce que tu n’as qu’elle en général sous la main. Toi bien évidemment tu restes logique, t’as bien réfléchis avant l’affrontement, tu argumentes comme un dieu, de toute ta vie t'as jamais été aussi bon et … t’as tout faux parce ta femme, la logique, et bien c’est simple, elle connaît pas. Le propriétaire tico c’est pareil sauf qu’il est souvent plus poilu et moins joli. Et lent, vachement LENT !

Tout à mes pensées donc ce matin tôt sans compter que j’observais un grand échassier blanc perché dans un bel arbre au loin, je n’ai pas vu ce fichu croco ! Fort heureusement, avant de buter sur le croco, j’ai vu en premier le panneau - limite en arrivant dessus - et quand l’information a péniblement fini par atteindre mon cerveau embué à cause du manque de sommeil, sans trop y croire quand même, je me suis néanmoins aussitôt mis à fouiller du regard les environs, au cas où … et il m’a fallu un certain temps pour localiser le croco pourtant tout près. Un truc de fou, tu viens de comprendre que possiblement des grosses bébêtes sont dans le coin et malgré cette info cruciale il te faut plusieurs dizaines de secondes pour en localiser une à moins de 10 mètres de tes petits pieds. Toi comme un « gros loco » que tu es, tu regardes au loin, de l’autre côté de la lagune. Et derrière toi, on ne sait jamais. C’est pas logique bien évidemment de penser qu’un croco t’a suivi discrètement mais bon, la logique hein, voir paragraphe précédent. Sans compter que d’autres crocos étaient possiblement dissimulés dans les racines, tout près, je n’ai pas été voir, j’aurais dû ? Mais comment est-ce possible de se retrouver quasi marchant sur un crocodile en plein centre ville de Liberia ??? Ben cherche-pas plus, c’est possible !
Car ce marigot-là est à 200 mètres environ du restaurant et à 250 mètres de la piscine. Et je le garantis, il n’y a rien, absolument rien de rien qui clôt cette mare aux crocos, l’accès est 100 % libre et dégagé. Ne laissez surtout pas vos lardons en bas âge vagabonder par là. Ne mettez pas non plus pépé ou mémé dans son fauteuil roulant à prendre le soleil matinal sur la jolie bande de sable blanc qui fait le tour de la marre. Surtout qu’un croco de cette taille, c'est-à-dire plutôt modeste, ne vous en prendra qu’un morceau - tout n’y comptez vraiment pas - et vous devrez vous débrouiller avec le reste. A la limite, déverrouillez le frein, en apercevant le croco l’ancien(ne) va immanquablement s’agiter dans son fauteuil et hop, direct dans la lagune le fauteuil, crime parfait ! C’est pour rire hein, sans déconner ne faites pas ça ! C’est interdit, même au Costa ou pourtant bien des choses sont permises, plus que chez vous en tous les cas.

J’y pense tout à coup avec un léger frisson, une chance encore que je n’ai pas trouvé un croco ce matin dans la piscine, à cette heure-là le préposé de l’hôtel ne l’avait pas encore nettoyée. Quelle vie dangereuse je mène tout de même, habituellement ce sont les serpents qui me tombent dessus sans crier gare ou qui se glissent sous mes pieds mais un croco c’est une première. Ah non tiens, finalement, en 2006 quand je suis venu en reconnaissance au Costa Rica, je suis tombé nez à nez avec un plus gros croco dans la lagune de Tamarindo. Je dois certainement encore avoir des photos de l'évènement au fin fond de mon PC. J’ai toujours un appareil photo avec moi car je suis vernis quelque part, il m’arrive souvent des trucs sympas et photogéniques. J’ai même été piqué par un scorpion mais ça c’était purement ma faute donc je ne raconte pas.

Même la nuit je dors avec mon appareil photo au cas où une chica tomberait sur moi à l’insu de son plein gré mais bizarrement ça n’arrive jamais. J’ai plus de chance finalement avec les animaux dangereux. Enfin, façon de parler. Encore qu’on pourrait aussi discuter longtemps pour savoir qui de la chica latina ou de l’animal est plus dangereux. Je plaisante, la chica emporte la palme, ya pas photo !
Rêve de plaisanterie (ya pas faute), je publie 2 photos en gros plan de l’animal, l’une avec la gueule ouverte et l’autre avec la gueule fermée afin qu’on ne me dise pas que ledit animal était empaillé, en plastique, en béton, mort ou que sais-je encore.

Ceux qui veulent l’adresse du crocodile de l’hôtel peuvent m’écrire. Pas de PUB, je ne suis pas payé pour.

Costa Rica - Crocodile à Liberia / Guanacaste - 1

Costa Rica - Crocodile à Liberia / Guanacaste - 2

Costa Rica - Crocodile à Liberia / Guanacaste - 3

Costa Rica - Mare aux crocodiles à Liberia / Guanacaste


N° 59 - 17/01/2015 - Comment j’ai été déclaré disparu puis retrouvé à l’insu de mon plein gré. De l’intérêt de ne pas garer son véhicule agricole n’importe où …

Costa Rica - véhicule de policeL’autre matin, alors que je me hâtais - limite en retard mais pas trop - pour filer à un rendez-vous, voilà-t-y pas que mon GSM se met à sonner vigoureusement, plus vigoureusement que d’habitude, cela aurait dû m’alerter. Ne prenant pas le temps de vérifier le numéro entrant, je décroche donc imprudemment et là j’entends aussitôt en espagnol :

- Policia … bla bla bla … policia (re) bla bla bla … le tout pas très clair, la transmission étant mauvaise. Mais le « Policia », bis repetita placent, ne m’a pas échappé. Il y a manifestement dans le vocabulaire des syllabes qu'on retient plus facilement que d'autres ...
- Sur ce, je réponds au charmant policier que NO, qu’à ma connaissance - sauf erreur ou omission purement involontaire de ma part - je n’ai pas appelé la Policia, non merci, GRACIAS, vraiment pas car aujourd’hui j’ai sacrément autre chose à faire que d’appeler la Policia, le ciel est bleu, les oiseaux chantent, faut vraiment que j’y aille, tout ça tout ça …
- Et là, subitement, mon interlocuteur me demande je suis ?

Petit moment de solitude quand même suite à l’abrupte question, ça tourne à 200 à l’heure dans ma tête, je me demande ce que j’ai bien pu faire qui me vaille cet appel matinal et comment il a eu mon numéro surtout. Un instant, sans trop savoir pourquoi, je suis sur le point d’inventer et de dire que je suis à Tamarindo à 3 heures de route de la finca histoire de gagner un peu de temps … tout ça en conduisant d’une main dans le chemin boueux de la finca. Fort heureusement je me ravise et je leur annonce que je suis encore au nid car aussitôt dit, en débouchant au portail, je tombe nez à nez avec le pick-up de la Policia justement, un sbire au volant, téléphone collé à l’oreille (celui qui me parle en ce moment-même apparemment) et 2 autres déjà descendus et également pendus au téléphone … tous les 3 habillés en Schtroumpfs, le bleu un peu plus marine quand même, avec des gilets pare-balles très stylés type gilets de sauvetages pour faire plus sérieux. Le tout faisant irrémédiablement penser au Bibendum Michelin mais en bleu toujours. Le fait qu’ils n’aient pas, comme parfois en bord des routes, la mitraillette en bandoulière dangereusement posée par-dessus le gilet de sauvetage me rassure quelque peu quand même. Car la mitraillette en général c’est vraiment pas bon, pas bon du tout, ils ne savent pas trop s’en servir et un accident de baignade est si vite arrivé…

Costa Rica, DobermannLà quand même, tout ce bleu d’un coup ressortant sur le vert tendre de la finca, je me dis qu’il y a un blême, un cheveu dans la soupe pour ne pas dire une couille dans le potage (expression vendéenne). J’ai juste le temps de penser qu’heureusement mes 4 chiens dont un dobermann très sympathique mais carrément idiot sont enfermés dans leur grand parc un peu plus loin car sinon on aurait eu du sport et pire, sans doute au grand désavantage de la maréchaussée locale qui n’aurait sans doute pas apprécié le numéro canin improvisé. Ce qui m’étonne et ne me rassure pas pour le coup, c’est qu’ils sont rentrés de quelques dizaines de mètres dans le domaine alors que d’habitude ils se cantonnent prudemment à l’entrée, je parle des bleus pas des chiens. Car la propriété privée est très respectée au Costa Rica, généralement personne ne rentre à moins d’y être vraiment contraint. Ou bien, au pire, invité. J’apprendrai plus tard que mon péon, pour une fois, me voyant pressé de partir et voulant manifestement m’éviter de descendre dans la boue du chemin (il pleut des cordes depuis quelques jours), avait pensé à m’ouvrir le portail. Il doit avoir quelque chose de sérieux à me demander celui-là pour être tout à coup aussi prévenant, il faut que je me méfie des jours à venir… Bref pas de bol, pour une fois il ouvre le portail et la maréchaussée, surgie d’on ne sait où, en profite aussi sec pour s’introduire subrepticement chez moi.
Un peu contraint et forcé, étant donné que le véhicule administratif bloque mon portail, je descends gaiement, l’air de rien, sourire de circonstance aux lèvres pour m’enquérir de ce qui me vaut cette aimable visite matinale surprise. Car ce n’est pas mon anniversaire aujourd’hui et par ici personne ne vend de calendriers muraux en carton avec des charmants chatons gris aux yeux bleus dessus.
Surtout pas la Policia !
Et là le chef du trio (el jefe), après les présentations d’usage, me parle de ma voiture … et là, subitement, j’ai comme un éclair de lucidité !

Hôtel Hydeaway - Rio Celeste - Parc national Tenorio - Costa RicaBref retour en arrière : la veille je suis monté le matin au Parc National Tenorio, un peu plus haut en réalité pour une réunion au sommet (c’est le cas de le dire, 1.250 mètres d’altitude) à l’Hôtel Hydeway où, entre parenthèses, on mange sacrément bien, n'est ce pas Thierry ? Mon 4x4 habituel étant un peu patraque, j’y suis monté avec le mulet, mon vaillant Nissan Miller, voir post précédent. On y mange d’ailleurs si bien et nous étions en si bonne compagnie que la réunion de travail a duré jusqu’au soir, 20 heures environ. Or à 20 heures tout là-haut, ce soir-là il pleuvait des cordes sans compter les nuages qui nous donnaient moins de 10 mètres de visibilité sur le chemin défoncé. Or, le matin, après une visite au Rio Celeste avant la réunion au sommet, le soleil étant magiquement réapparu, j’avais décidé de laisser le Nissan Miller sagement garé sur le parking du Parc National Tenorio et j’avais gagné l’hôtel, un peu plus haut, à pied, tranquille comme Baptiste, sans plus m’en soucier. Au moment de redescendre dans la vallée, la totale c'est-à-dire pluie + brouillard + nuit noire + route quasi impraticable sans 4x4. Alors j’ai naturellement abandonné mon véhicule agricole sur le parking du parc et j’ai lâchement préféré profiter du gros 4x4 tout neuf de mon avocat pour redescendre dans un confort ouaté quelques centaines de mètres plus bas.
Ce faisant, j’étais loin de penser que cette décision anodine déclencherait toute une suite d'improbables évènements dont je fus l’acteur bien involontaire !!!

Je fais court car tout cela s’est déroulé tandis que je dormais du sommeil du juste après ce si bon repas. Les gardes du parc, alertés par la présence d’un drôle de véhicule resté orphelin sur le parking, ont pensé que le ou bien les occupants dudit véhicule s’étaient lamentablement perdus dans le parc. Près de 13.000 hectares le parc quand même ! Chose courante paraît-il car les touristes sont souvent imprudents, des touristes quoi ! On a même déjà déploré un noyé retrouvé après bien des heures d’efforts sous la cascade du Rio Celeste qui est aujourd’hui interdite d’approche, on admire mais de loin. Les gardes ont donc déclenché des opérations de recherche et se sont mis à courir nuitamment dans tous les sens à la recherche du ou des potentiels disparus … Ne trouvant rien qui ressemble à un ou des égarés ou bien à leurs restes, à un moment donné ils ont fini par alerter la Policia qui, à l’aide de l’immatriculation du Nissan Miller a plus ou moins rapidement localisé le propriétaire … qui d’ailleurs n’était pas moi (traitement de la vente en cours) mais le garagiste local qui n’a rien compris à ce qui lui arrivait en voyant le déploiement matinal des forces de l’ordre dans sa modeste entreprise. Mal réveillé, et pour cause, il a quand même fini par comprendre que SA voiture qui en fait était devenue depuis peu MA voiture avait étrangement été retrouvée vide d’occupants à l’entrée du parc. Pas de trace de sang ni de lutte, pas de cadavres, encore moins d’armes ou de drogue à l’intérieur, le truc incompréhensible donc. A moins que, des extraterrestres, on ne sait jamais … D’où la suite, l’arrivée inopinée de la Policia chez moi …
Inutile de dire quel fut mon soulagement d’apprendre que je n’étais pas traqué comme un vil criminel pour un délit que j’aurais commis sans même m’en apercevoir mais que j’avais simplement été déclaré disparu à l’insu de mon plein gré pendant mon sommeil. J’ai quand même mis près de 30 minutes pour me dépatouiller des policiers locaux qui ont dû, preuve à l’appui (mes documents costariciens) certifier téléphoniquement à leur hiérarchie et à celle du Parc National que j’étais bien en vie, frais et tout rose en ce matin-là, qu’ils étaient tous les trois avec moi et que c’était bien moi et pas un autre qui aurait tenté de se faire passer pour moi etc.

Parc National du Volcan Tenorio - Costa Rica - Alajuela - Rio Celeste

Puis après m’être éclipsé, j’ai rapidement trouvé une bonne âme pour me hisser jusqu’au Parc où je suis allé au plus vite récupérer mon véhicule qui m’attendait sagement à la place où je l’avais laissé la veille. Je croyais réussir à passer inaperçu mais non, vraiment pas de bol ce matin-là, j’ai quand même eu un second coup au cœur quand j’ai vu la dizaine de personnes qui entourait ma splendeur automobile et plus encore quand plusieurs gardes, tout verts ceux-là, sont sortis précipitamment du bureau du parc à ma rencontre. J’ai alors dû expliquer à nouveau mon histoire, que je n’étais pas perdu, ni les français qui m’accompagnaient ce jour-là, que nous étions tous en bonne santé, bien vivants, tellement heureux d’être au Costa Rica, ce si beau, ce si merveilleux pays, jamais ne n’ai connu plus beau pays dans ma vie, bla bla bla … Vu la tête épuisée des gardes qui m’avaient cherché dans le parc toute la nuit, j’ai quand même eu un peu peur d’être élu pour un bon PV et c’est alors que je me suis souvenu d’un truc salvateur : avant de laisser mon pick-up dans le parking, j’avais pris le soin d’en avertir un des gardes de la veille qui ne m’en avait pas dissuadé plus que cela. Il ne m’y avait pas encouragé non plus, notez, en vérité je crois qu’il ne m’a pas bien écouté car il papotait avec des touristes. Ayant une bonne mémoire visuelle, j’ai fort heureusement pu décrire le garde en question et je crois que c’est ce qui m’a sauvé de plusieurs heures de paperasseries supplémentaires destinées à prouver aux Zotorités Compétentes (?) que j’étais bien en vie et pas tout mort - tout gonflé - tout verdâtre faisant la toupie sous la cascade. Sans compter l’amende (la multa) que j’encourais pour … pour quoi au juste ??? J’en sais rien mais la multa, là déjà on rigole moins !Costa Rica, Nissan Miller 1973

Aussi, à la moindre occasion que j’ai sentie favorable, j’ai remercié tout le monde très chaleureusement de m’avoir sauvé la vie pendant que je dormais puis j'ai filé, profil bas, sans demander mon reste en priant pour que mon antiquité démarre avant que les gardes ne changent d’avis car à dire vrai je les avais un peu embrouillés. C'est-à-dire qu’après avoir écouté mon histoire, ils en étaient visiblement à se demander si j’étais un peu idiot ou alors vraiment con. Je ne saurai jamais ce qu’ils en ont conclu mais au moins j’ai pu filer à l’anglaise.

Et voilà, encore une histoire qui finit bien, vive le Costa Rica, Pura Vida, des trucs à raconter quand on sera vieux c'est-à-dire le plus tard possible.

Moralité : même si c’est parfois tentant et je peux aisément le comprendre, en aucun cas, n’abandonnez jamais rien à l’entrée d’un parc national au Costa Rica, ni votre femme, ni votre belle-mère, ni vos enfants, même pas une paire de chaussures ou un parapluie et encore moins votre voiture sous peine de déclencher le plan ORSEC local. Une heure de plus et j’étais mûr pour le ballet d’hélicoptères et pour affronter une meute de journalistes avides de sensation et de sang frais. Allez ensuite expliquer à la TV en langue étrangère que vous aviez disparu sans même le savoir pendant votre sommeil puis été retrouvé par la Policia sain et sauf au saut du lit.
Je le dis souvent à mes proches et à mes clients, j’aime beaucoup, que dis-je, j'adore le Costa Rica parce qu’il arrive toujours des trucs, c’est un pays où on se sent plus vivant, vraiment !


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